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Bray sur Somme, 24 juillet 1919 Madame, Missionaire dans la région dévastéee de Bray-sur-Somme, je compte dans mon trop vaste domaine ce qui fut la paroisse de Feuillères. C'est à ce titre que m'a été remise votre lettre et que j'ai reçu la brochure qui m'a permis de connaître un peu de la belle âme de votre cher Disparu. On vous a renseigné incomplètement, Madame. L'Eglise de Feuillères n'a pas seulement été fort touchée, mais du vénérable monument, il ne reste rien qu'un amoncellement de pierres blanches ! Du village, rien ne subsiste et pourtant déjà ces ruines se repeuplent ! Ainsi les morts qui reposent dans ces solitudes désolées ne sont plus abandonnés : des mains pieuses ont remis un peu d'ordre dans le chaos et fleuri les tombes. En votre nom, Madame, nous avons accompli le pélerinage que vous souhaitez si ardemment de faire. Et comme vous le demandiez, nous nous sommes agenouillés sur la tombe qui vous est chère. Mais vous le pensez bien : nous n'avons pas douté un instant que Dieu ait fait attendu longtemps sa récompense à une âme d'élite comme celle de votre fils. Tombé en pleine gloire, il n'a quitté |